Session
de mars de l'Assemblée des Français de l'étranger, Jean-Yves Leconte,
Vice-président de l’Assemblée des Français de l’étranger
7 Mars 2010
Session de mars de l'Assemblée des Français de l'étranger
L’Assemblée
des Français de l’étranger a tenue la semaine passée sa première
session de l’année 2010. Ce qui ressort principalement des travaux de
la semaine sont les points suivants :
1. Action sociale
Unanimité
à droite et à gauche sur l’insuffisance du budget d’action sociale pour
les Français de l’étranger. Le projet de loi de finance prévoyait une
baisse des crédits. L’action de nos sénateurs a permis d’annuler cette
baisse.
Lorsque les sénateurs UMP déplorent avec des trémolos dans
la voix, ces baisses de moyen et l’absence de financement pour la
troisième catégorie aidée de la CFE, on a du mal à penser que ce sont
les même sénateurs qui apportent, chaque jour, par leurs votes, un
soutien systématique à la politique du gouvernement !
2. Députés des Français de l’étranger
L’Assemblée
a demandé à être consultée sur le dispositif réglementaire prévu pour
l’élection des députés des Français établis hors de France. Ce
dispositif est important, car c’est lui qui encadrera le vote à
distance et le vote par internet, indispensables pour avoir une bonne
participation à ces élections.
Les dernières expériences des
élections à l’Assemblée des Français de l’étranger montrent les grandes
défaillances du système actuel pour garantir la sincérité du scrutin,
le manque de convivialité du vote par internet et l’inadéquation du
mode de signature des procès-verbaux.
Si nous avions été consultés
sur le projet d’ordonnance, nous aurions, à droite et à gauche, fait de
multiples observations (voir mon compte-rendu de décembre sur
l’audition à l’Assemblée Nationale) qui auraient permis d’améliorer
l’ordonnance actuellement en discussion au Parlement.
3. Avenir de l’Assemblée des Français de l’étranger
Sur
proposition du groupe Français du Monde-ADFE et en liaison avec une
partie des élus de la majorité de l’Assemblée, nous avons demandé une
mise en œuvre du rapport sur « La décentralisation appliquée aux
Français de l’étranger » (adopté par l’AFE en 2006) et l’étude de la
faisabilité du renouvellement de l’Assemblée simultanément aux
élections locales en France.
Les élections locales (municipales et
territoriales) devraient se dérouler dans l’ensemble des départements
français, à partir de 2014, tous les 6 ans(*). Si les élections à l’AFE
avaient lieu simultanément cela permettrait une meilleure perception du
rôle de l’Assemblée des Français de l’étranger, comme assemblée chargée
de la gestion de l’action de proximité de la puissance publique
française vis à vis des Français de l’étranger.
4. Prise en charge des frais de scolarité des classes de Lycée (PEC)
La
loi de finance 2010 précise qu’un groupe de travail parlementaire devra
faire le point sur l’avenir de la PEC : Maintien du moratoire aux
classes de Lycée, durcissement des conditions d’accès à la PEC…
L’Assemblée des Français de l’étranger souhaite participer aux travaux
de ce groupe pour lui faire part de ses observations.
Lors de
l’avis donné à la demande du gouvernement en juin 2007, l’AFE avait
déjà pointé la nécessité de contrôler des conséquences de la PEC, et la
pression qu’elle engendrerait sur les frais de scolarité.
5. Passeports biométriques
La
nécessité d’une double comparution pour demander puis recevoir son
passeport biométrique a été dénoncée. Elle est d’autant plus mal
ressentie que depuis une dizaine d’année de nombreux consulats ont été
fermés ou ont vu leurs compétences réduites.
Alors que les
consulats s’éloignent des lieurs de résidence des Français,
l’administration, à l’occasion de la mise en place de la biométrie,
oblige chaque demandeur à venir faire la demande lui-même pour prendre
ses données biométriques et à venir le récupérer pour vérifier que
celles-ci sont correctement enregistrées dans la puce.
Nous
avons signalé que d’autres pays européen avaient mis en place des
passeports biométriques qui donnent les mêmes droits (par exemple
l’entrée sans visa aux USA), sans exigence d’une double comparution.
Nous
avons fait valoir la nécessité d’harmoniser au niveau européen les
formats des passeports, afin que progressivement, hors de l’UE, (comme
cela est parfois envisagé pour les visa Schengen dans certains, trop
rares, pays), les passeports puissent être demandés et remis par des
guichets communs entre plusieurs pays, voir des guichets européens
(perspective lointaine, mais qui commence à être acceptée par les
responsables du Ministère des Affaires étrangères pour les visa) ou
que, dans l’UE, ces opérations puissent se faire par le truchement de
l’administration du pays de résidence.
En conclusion une
session où malheureusement, comme à l’accoutumée, nos interlocuteurs
ont trop souvent été des fonctionnaires plutôt que des responsables
politiques. Certains fonctionnaires d’ailleurs ne cachant pas la
gravité de la situation financière du pays, la baisse de marge de
manœuvre des pouvoirs publics à la suite de décisions politiques qui
refusent de considérer qu’il conviendrait de pratiquer une chasse
implacable aux niches fiscales et sociales. Ceci avec deux conséquences
: (1) le gonflement de la dette publique, (2) l’étouffement progressifs
des possibilités d’action de la puissance publique.
Dans ce contexte
budgétaire difficile, la prise en charge des frais de scolarité, bébé
de l’Elysée (raison pour laquelle certains à droite par caporalisme
refusent de dénoncer son coût et ses conséquences sur le réseau),
apparaît illégitime sous sa forme actuelle. Nous devons dénoncer
celle-ci pour rester crédibles sur le reste de nos demandes.
Le
Ministère des Affaires étrangères a vu le nombre de ses agents baisser
de plus de 30% en 20 ans, (-1% pour le Ministère de
l’agriculture, -15% pour les finances, -5% pour la Défense, +24% pour
l’Intérieur…). Il n’est bénéficiaire d’aucun programme du grand
emprunt, alors qu’il va contribuer à son financement par une régulation
budgétaire. Plus que jamais le décalage est flagrant entre le discours
sur les objectifs de la présence française à l’étranger et les moyens
engagés pour cela. Comme le disait l’un des haut-fonctionnaires audités
: « Dites à vos électeurs que la situation est dramatique ». On peut le
leur dire. Malheureusement, parfois, ils le vivent.
Jean-Yves Leconte, Vice-président de l’Assemblée des Français de l’étranger
Remarques
: Les questions orales (dont plusieurs sur l’évolution du régime des
bourses appliquées aux enseignants résidents), les questions
d’actualité et les questions écrites déposées et débattues lors de
cette session seront publiées en début de semaine sur le site
www.assemblee-afe.fr. En effet, depuis une petite année, le collège des
vice-présidents a adopté le principe d’une publication publique et
rapide des questions déposées.
(*) Si le projet est voté en l’Etat. Et sous réserve de changements consécutifs à l’alternance politique souhaitée en 2012.